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"Se libérer du passé."




Nous avons rencontré Rebecca en novembre 2023. Elle est venue jusqu'au centre pour nous faire part de sa volonté de développer ses accompagnements en présentiel, car son activité se déroulait essentiellement en ligne. Vous savez, il y a un adage qui dit qu'on sait si ça va matcher ou pas dès la première seconde. Pour certains, le ressenti n'a rien de scientifique, mais pour les personnes qui travaillent avec les énergies (consciemment ou non), écouter son ressenti est une chose essentielle. Pour en avoir côtoyer un certain nombre depuis l'ouverture du centre, je peux vous dire qu'il y a deux catégories de praticiens. Il y a ceux qui ont réglé leurs propres blessures, et il y a ceux qui pensent que c'est leur pratique qui va les guérir. Ce qui m'a marqué avec Rebecca, c'est que j'ai tout de suite ressenti une grande sérénité en elle. Elle a travaillé sur elle-même, elle sait où elle en est, d'où elle vient, et elle sait où elle va. Elle a totalement les pieds sur terre, ce qui lui permet de s'élever vers les étoiles sans se perdre, et elle peut vous emmener avec elle en toute sécurité.

Lorsque l'on ouvre un centre holistique, trouver des praticiens bien ancrés est un véritable défi. Avant de la découvrir lors d'une conférence exceptionnelle sur la psychogénéalogie, nous avons souhaité vous donner un aperçu de son expérience sur les mémoires transgénérationnelles.


Bonjour Rebecca, parlez-nous de votre parcours vers la psychogénéalogie, tant professionnel que personnel.


Rebecca: Il y a deux choses. D'abord, à travers mon métier de thérapeute en hypnose. Au cours de mes accompagnements, je me suis rendu compte que très souvent, les problématiques rencontrées par les personnes étaient d'origines transgénérationnelles. Cela m'a poussé à faire des recherches là-dessus, jusqu'à me former. La deuxième chose, c'est mon propre parcours. Puisque dans mon histoire, j'ai appris qu'il y avait eu des expériences difficiles dans l'entreprenariat. Donc, lorsque j'ai éprouvé mes propres difficultés dans mon aventure entrepreneuriale, j'ai dû faire un travail de libération de ces mémoires pour pouvoir dépasser des blocages et avancer dans mon parcours d'entrepreneur.



La psychogénéalogie peut paraître complexe. Pouvez-vous la définir simplement et expliquer ce qui a attiré votre intérêt ?


Rebecca: La psychogénéalogie, c'est l'étude de l'arbre généalogique pour comprendre comment se transmettent les mémoires et comment cela peut nous impacter.


Qu'entendez-vous par "mémoire" ?


Rebecca: En psychogénéalogie, nous partons du principe que la mémoire se transmet. Dans la génétique, c'est évidemment connu. Ce qui l'est moins, c'est que cette mémoire peut aussi être émotionnelle. Par exemple, l'expérience d'un événement difficile peut se transmettre, comme la guerre ou une épidémie. Pour vous donner un exemple concret, lors du COVID, certaines personnes se sont retrouvées avec des peurs paralysantes parce que, au cours des quatre dernières générations, l'un de leurs parents a pu vivre une épidémie comme la peste ou la grippe. Et ce traumatisme s'est transmis.


Comment cette mémoire se transmet-elle ?


Rebecca: Elle se transmet à travers l'épigénétique. En fait, nous avons tendance à croire que seules les caractéristiques physiques ou les pathologies se transmettent dans les gènes, alors qu'on transmet également des émotions, des peurs et des addictions.


Est-ce une fatalité ? Est-ce que cela signifie que si nos parents sont alcooliques, nous le serons forcément ?


Rebecca: Non, dans l'épigénétique, des milliers d'informations se transmettent de génération en génération à travers les gènes. Certaines s'activent, d'autres non. On ne sait pas toujours pourquoi ou comment, mais c'est bien là. Les preuves scientifiques sont nombreuses.


Quels types de maux la psychogénéalogie est-elle souvent utilisée pour traiter ?


Rebecca: La psychogénéalogie intervient dans des problématiques variées, souvent utilisée pour traiter des maux et des défis personnels tels que la perte de mémoire due à un trauma, le cancer, les problèmes liés à la maternité, les addictions, les situations bloquantes, les échecs, les impasses, et les problèmes de confiance en soi.


Comment la psychogénéalogie intervient-elle dans le cas du cancer ?


Rebecca: Déjà, il faut partir du concept que le cancer est une pathologie qui n'est pas uniquement physique, mais aussi psychosomatique. C'est-à-dire qu'au-delà de la dimension strictement physique et des gènes pathogènes, la dimension émotionnelle peut déclencher ces pathologies. Par exemple, j'ai eu une personne qui a eu un cancer, et elle s'est rendu compte que sa mère et sa cousine ont eu le même cancer. Des recherches en psychogénéalogie révèlent des liens entre certains cancers du sein et des problèmes relationnels. Selon un cancérologue, les cancers du sein droit peuvent être associés à des tensions relationnelles avec le mari et la mère, tandis que le sein gauche peut être lié plutôt au père.

Cette approche s'aligne sur les recherches en psychosomatique qui suggèrent que les émotions non résolues peuvent contribuer au développement de certaines maladies. Des études, telles que celles menées par le Dr. Gabor Maté, ont exploré les liens entre le vécu émotionnel et la santé physique, soutenant l'idée que les expériences traumatisantes non résolues peuvent jouer un rôle dans l'émergence de maladies, y compris le cancer.


Alors, comment intervenez-vous avec la psychogénéalogie dans ce cas, et quels sont les bienfaits ?


Rebecca: Toujours en partant du principe que les pathologies ou les troubles comportementaux sont des conséquences de causes psychosomatiques. Pour faire simple, cela signifie que la pathologie se déclare parce que des émotions liées à des traumatismes n'ont pas été évacuées et libérées. Donc, l'objectif est d'identifier la cause, la comprendre, et ensuite de l'évacuer. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, mais dans beaucoup de cas, le simple fait d'identifier la problématique et de la conscientiser permet souvent d'avoir des bienfaits significatifs sur la pathologie ou le trouble. Et dans d'autres cas, il y a un travail de libération à faire. Dans tous les cas, le fait de libérer des mémoires émotionnelles a toujours des bienfaits significatifs.


Comment savoir si ma problématique relève du domaine de la psychogénéalogie et non d'un travail de psychologie classique ?


Rebecca: À partir du moment où il y a répétition. Lorsque des schémas relationnels, comportementaux, des pathologies se répètent de génération en génération, c'est que cela peut relever d'un travail mémoriel. La problématique est parfois consciente, parfois inconsciente, et là, c'est plus compliqué.


Si c'est inconscient, comment savoir que cela relève du transgénérationnel ?


Rebecca: À travers une enquête. On ne peut pas savoir comme ça de manière spontanée. Mais si quelqu'un a une manifestation quelconque, on va poser une série de questions pour savoir si cela peut relever d'une mémoire ou non.


Rebecca, merci beaucoup pour cet incroyable entretien.

Est-ce que vous avez envie de nous parler de rajouter quelques choses?


Rebecca: Oui, j'aimerais parler des secrets de famille. C'est un sujet lourd et qui a des impacts énormes sur la vie des gens. Il faut vraiment réaliser qu'aujourd'hui, nous vivons dans une société relativement libre. Mais dans les générations qui nous précèdent, il y avait énormément de tabous, que ce soit sur des questions de sexualité, d'homosexualité, de la sexualité des femmes, les enfants illégitimes, mais aussi des agressions subies enterrées, des décès cachés, des problèmes de faillites. En fait, tout ce qui est caché, enterré, tout ce qui ne sort pas, ça charge. Et cela va se manifester sous différentes formes. Dans les générations passées, on cachait énormément de choses. La vérité doit sortir. "L'histoire se répète tant qu'elle n'a pas été comprise."


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